Une négociation qui vire au bras de fer
Avant d’être une crise sportive, l’affaire Thiaw est née autour d’une table. Les discussions censées prolonger le bail du sélectionneur se sont enlisées, plombées par des prétentions jugées démesurées par plusieurs voix au sein du Comex.
Selon des indiscrétions, le technicien aurait réclamé un salaire mensuel porté à 50 millions de F CFA, accompagné d’une prime à la signature de 400 millions. À cela se seraient ajoutées d’autres demandes : un pourcentage direct sur les primes de la Fédération, la prise en charge d’un logement et d’un véhicule de fonction, ainsi que des primes de résultats deux fois supérieures à celles de ses propres joueurs.
Le coup de tension qui a failli tout faire dérailler
L’épisode le plus tendu se serait joué à peine deux heures avant le choc décisif contre la Norvège. Son contrat toujours pas signé, Pape Thiaw aurait purement et simplement refusé de rejoindre le stade — un geste perçu par certains comme un ultimatum en pleine préparation d’un match capital.
Pour éviter que la crise n’éclabousse l’image du pays, c’est le chef de l’État en personne, Bassirou Diomaye Faye, qui serait intervenu comme médiateur. Un compromis aurait alors été scellé dans l’urgence : Thiaw resterait à son poste, à une condition stricte — mener les Lions au moins jusqu’en quarts de finale, sous peine de départ immédiat.
Un départ loin d’être gratuit
Le verdict du terrain est tombé, et l’objectif n’a pas été atteint : direction la sortie pour le sélectionneur. Mais son départ ne se fait pas les mains vides.
Les clauses négociées en amont lui garantiraient huit mois de salaire à titre d’indemnité, calculés sur une base de 30 millions de F CFA mensuels. Total de l’addition : 240 millions de francs CFA, une somme qui serait directement puisée dans les caisses publiques.
La FSF, un Comex sous tension
Le dossier Thiaw n’a fait que rouvrir des plaies plus anciennes. Au sein du Comex, les rivalités internes s’exposent désormais au grand jour. Le retour en coulisses de Bacary Cissé à la communication a ravivé les tensions : il aurait déposé une motion visant à destituer Abdoulaye Sow, l’actuel secrétaire général de l’instance.
Le limogeage du sélectionneur n’aurait donc été que la face visible d’un iceberg bien plus large — une lutte de pouvoir dont les répercussions pourraient durablement marquer la gouvernance du football sénégalais.














