Quand les faits imposent le débat
Le nouveau cas signalé à Yaoundé le 25 août s’inscrit dans une actualité particulièrement préoccupante. Plusieurs femmes ont été tuées ces dernières semaines dans différentes localités du pays. Chaque affaire devra naturellement être établie par les enquêtes et traitée par la justice. Mais leur succession dépasse désormais le cadre des seuls faits divers. Elle pose une question de société : comment mieux identifier les situations de danger, protéger les victimes et intervenir avant que la violence ne devienne irréversible ?
Renée Nwoes, une voix qui ne cesse d’alerter. Psychologue et engagée sur les questions de genre, Renée Nwoes fait partie des voix qui maintiennent cette problématique dans le débat public. À travers son engagement au sein de Stop Féminicides 237, elle plaide notamment pour une meilleure protection des femmes et des filles et pour l’adoption d’un cadre législatif plus protecteur. Son mouvement défend notamment l’idée d’une loi contre les violences faites aux femmes et aux filles, avec l’ambition de renforcer la prévention, la protection, l’accompagnement des victimes et la réponse face aux violences basées sur le genre. Une revendication qui mérite d’être examinée dans un dialogue constructif entre pouvoirs publics, professionnels, associations et société civile.

Des alertes qui rencontrent une réalité
L’importance de cette mobilisation ne repose pas uniquement sur la parole d’une militante. Elle s’inscrit dans un constat plus large. Associations, professionnels, institutions nationales et organisations internationales ont, eux aussi, alerté sur la nécessité de renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes. En juin, le Système des Nations unies au Cameroun exprimait notamment sa préoccupation face à la recrudescence des féminicides et appelait à renforcer la prévention, le signalement ainsi que l’accès aux services sanitaires, psychosociaux et judiciaires. Les alertes sont donc nombreuses. L’enjeu est désormais de leur donner une traduction concrète.
L’urgence d’une réponse plus forte
Une loi ne saurait, à elle seule, mettre fin aux féminicides. Elle doit s’accompagner de mécanismes efficaces de signalement, de protection et d’accompagnement, mais aussi d’une sensibilisation accrue dans les familles, les communautés et les institutions.
Les pouvoirs publics ont ici un rôle essentiel à jouer. Accorder une attention particulière au phénomène, mieux documenter les cas, renforcer les dispositifs de prévention et faciliter l’accès des victimes à la justice ne serait pas seulement répondre à une revendication associative : ce serait investir dans la sécurité et la cohésion de la société camerounaise.
Construire un Cameroun qui protège
Parler des féminicides ne signifie pas noircir l’image du Cameroun. C’est aussi reconnaître la capacité du pays à regarder ses difficultés en face et à mobiliser ses compétences pour y apporter des solutions. Renée Nwoes alerte. La société civile se mobilise. Les institutions reconnaissent progressivement l’urgence. Il est maintenant souhaitable que ces différentes voix puissent converger vers des actions durables, car un Cameroun beau, fort et fier de ses valeurs est aussi un Cameroun où une femme menacée peut être entendue avant qu’il ne soit trop tard, où le bourreau doit être puni à la hauteur de son crime.
Alors, jusqu’où faudra-t-il aller pour que cette urgence devienne enfin une priorité et que des mesures fortes soient prises ?















