Quand le sport africain a eu besoin d’une voix ferme et d’un bâtisseur, c’est Hamad Kalkaba Malboum qui s’est levé. Homme d’État, militaire et dirigeant infatigable, il n’a jamais cessé d’élargir l’horizon des athlètes camerounais et africains, transformant des rêves individuels en succès collectifs.
Né en 1950 dans la région du Grand Nord, Kalkaba Malboum s’est d’abord distingué comme athlète national avant de prendre le chemin du management sportif et de l’administration. Après une carrière militaire reconnue, il a investi ses compétences organisationnelles au service du sport, gravissant progressivement tous les échelons jusqu’à la présidence du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun (Cnosc), poste qu’il occupera plusieurs décennies durant. Sa longévité à la tête du mouvement olympique camerounais a fait de lui une figure stable et influente dans la gouvernance sportive nationale.

Kalkaba n’a pas seulement administré : il a façonné des institutions. Il a présidé la Confédération Africaine d’Athlétisme (CAA) et siégé aux plus hautes instances internationales, dont le conseil de World Athletics et plusieurs commissions du Mouvement olympique, amplifiant la voix africaine dans les enceintes mondiales. En 2024, son élection à la présidence d’une grande instance continentale a confirmé son statut de leader incontournable du sport en Afrique. Au plan national, sous sa houlette, le Cnosc a vu se structurer des programmes d’appui et des relais institutionnels qui ont participé à la montée en puissance des athlètes camerounais sur la scène internationale.
Au-delà des titres et fonctions, Kalkaba laisse une génération de cadres, d’entraîneurs et d’athlètes qui ont appris à penser grand et à viser l’excellence. Ses décorations et distinctions nationales étaient le reflet d’un homme respecté pour son engagement, sa discipline et sa capacité à fédérer autour d’objectifs communs. Son décès crée un vide pour lequel le monde sportif africain devra trouver une relève capable d’allier ambition et savoir-faire institutionnel.
Souvent décrit comme un artisan du rapprochement entre fédérations et clubs, Kalkaba aimait répéter que « sans structures solides, il n’y a pas de champions durables », une maxime qui a guidé ses choix politiques et ses réformes.
Le colonel Hamad Kalkaba Malboum décède à 75 ans ; laissant derrière lui femmes et enfants éprouvés. Les hommages nationaux et continentaux affluent tandis que les obsèques se sont déroulées hier à la mosquée d’Etoudi.
Inès KOUNA NOMO / journaliste/ MIC MAG













