La traçabilité troublante de l’iPhone 13
Selon les éléments exposés à l’audience, le téléphone suspecté d’avoir reçu les images de la torture de Martinez Zogo a suivi un circuit méthodiquement reconstitué par les enquêteurs :
- Le point de départ : le jour de l’arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga, son épouse Melissa Amougou Belinga remet l’appareil à leur employée de maison, Pamela Prisca.
- La chaîne de transmission : le téléphone passe ensuite entre les mains d’Albertine Ntete, qui le confie à son beau-frère Romarie Dzouentap, informaticien de profession. Ce dernier tente d’y insérer sa propre carte SIM, mais se heurte à des protections de sécurité.
- Le retour à l’envoyeur : l’appareil est finalement rendu, le soir même, à Melissa Amougou Belinga.
Point notable du dossier : cet iPhone 13 n’a, à ce jour, jamais pu être exploité par la justice. Melissa Amougou Belinga ne s’est pas présentée aux convocations des enquêteurs et n’a pas remis l’appareil.
Le 18 janvier 2023, une journée sous surveillance
Un second volet de l’enquête s’attarde sur les mouvements ayant précédé l’arrestation de l’homme d’affaires, avec un rôle interrogé : celui de son assistante de direction, Mbeng Diane Jocelyne.
Celle-ci a reconnu avoir manipulé le téléphone personnel de son employeur ce jour-là, expliquant qu’il s’agissait d’installer WhatsApp et de réorganiser son répertoire de contacts. Une confrontation organisée entre Mbeng Diane, Amougou Belinga et le lieutenant-colonel Justin Danwe a permis de confirmer que ce dernier avait bien été reçu en audience ce même jour. Les versions des différentes parties, en revanche, divergent quant à ce qui s’est réellement joué autour de cet appareil.
Les images de la DGRE versées au dossier
Pour étoffer les pièces à conviction, la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) a transmis aux enquêteurs des extraits de ses caméras de surveillance couvrant les journées du 18 et du 23 janvier 2023. Ces enregistrements font désormais partie intégrante du dossier soumis à l’examen du Tribunal militaire.
Il reviendra aux juges de déterminer si l’ensemble de ces éléments témoignages, traçabilité du téléphone, images de vidéosurveillance permettent d’établir la responsabilité des accusés, alors que la défense entend, de son côté, en contester la portée.
















