Par Landry Mbia
Rédacteur en Chef, Made in Cameroun Magazine
C’est une onde de choc qui a traversé les collines de Yaoundé et bien au-delà des frontières du continent ce matin. Celui que nous appelions affectueusement « le maître » s’en est allé. Bassek Ba Kobhio n’était pas qu’un simple cinéaste ; il était la conscience filmée d’une nation et le bâtisseur infatigable d’une industrie qui se cherchait un destin.
Un géant au service de l’image
Révélé au monde avec des chefs-d’œuvre comme Sango Malo (1991) ou Le Grand Blanc de Lambaréné (1995), il a su imposer une esthétique camerounaise brute, intellectuelle et profondément humaine. Mais son plus grand film, son œuvre monumentale, restera sans doute le festival Écrans Noirs. En créant cette plateforme en 1997, il a offert aux cinéastes du continent une vitrine, une voix et, surtout, une dignité.
Le vide et l’héritage
Pour nous, à Made in Cameroun, Bassek représentait cette excellence que nous célébrons chaque jour. Il était la preuve vivante qu’on peut naître à Ndom, rêver en grand et conquérir Cannes ou le Fespaco sans jamais renier ses racines.
Aujourd’hui, les projecteurs s’éteignent un court instant pour saluer le départ du patriarche. Mais ne vous y trompez pas : tant qu’une image sera projetée sur un écran noir au cœur de l’Afrique, l’esprit de Bassek Ba Kobhio continuera de briller.
Repose en paix, Maître. Le scénario continue à travers nous.















