Made in Cameroon magazine– Au cœur de la ville de Douala , un atelier discret abrite un savoir-faire rare : celui de Clovis Tchoufack, un jeune Camerounais passionné de musique et d’artisanat. Dans un contexte où l’industrie musicale est souvent dominée par les importations, il a choisi de concevoir et fabriquer ses propres guitares. Mais son ambition ne s’arrête pas là, il joue lui-même sur ces instruments, prouvant qu’un produit 100 % local peut rivaliser avec les standards internationaux.

« J’ai déjà fabriqué dans mon activité plus de 100 guitares vendues aux grands musiciens passionnés et amateurs. »
Depuis 2018, fasciné par la musique et le bois, autodidacte d’où l’envie de créer un instrument qui reflète la culture et l’identité camerounaises. L’utilisation d’essences locales telles que l’iroko, sapelli, bubinga pour ses guitares, Clovis mise sur des bois précieux camerounais réputés pour leur robustesse et leur beauté naturelle. L’iroko, surnommé le « teck africain », offre une solidité exceptionnelle et une sonorité chaude. Le sapelli, souvent comparé à l’acajou, se distingue par ses veines élégantes et son timbre riche, idéal pour les guitares acoustiques. Quant au bubinga, apprécié des luthiers du monde entier, il séduit par sa densité et sa résonance profonde. En privilégiant ces essences locales, il prouve que les ressources camerounaises peuvent rivaliser avec les standards internationaux.

La création d’une guitare est un véritable rituel. Tout commence par un choix minutieux du bois, en tenant compte de la texture, du grain et de l’acoustique. Vient ensuite la découpe, une phase délicate où chaque millimètre compte pour garantir la justesse du son. L’assemblage nécessite patience et précision : manche, caisse de résonance et chevalet doivent s’ajuster parfaitement. Après le montage, un vernissage soigné sublime les veines du bois et protège l’instrument. Enfin, le réglage des cordes , une étape finale et décisive assure une sonorité équilibrée et une jouabilité optimale.
Au-delà de la performance musicale, ce jeune artisan adopte une philosophie respectueuse de l’environnement. En utilisant du bois provenant de filières locales contrôlées, il réduit l’empreinte carbone liée aux importations. De plus, il valorise des essences parfois sous-exploitées, contribuant ainsi à soutenir les scieries et les artisans camerounais. Cette approche favorise une économie circulaire où chaque guitare fabriquée devient non seulement un instrument de musique, mais aussi un symbole de préservation des ressources et de promotion du Made in Cameroun.

« Mon ambition à moi est de faire en sorte que tous les musiciens camerounais utilisent mes guitares et impacter à l’international. Former aussi d’autres jeunes qui aimeraient s’y lancer parce qu’actuellement je travaille presque seul. » a-t-il affirmé.
Il ne se contente pas de fabriquer : il joue sur ses propres guitares . Ses prestations témoignent de la qualité sonore de ses créations et suscitent la curiosité des professionnels. Un symbole du Made in Cameroon et un modèle pour la jeunesse qui incite les jeunes à croire en leur potentiel et à promouvoir le savoir-faire camerounais.
















