Il faut le reconnaître que la jeunesse camerounaise est en train de changer de logiciel. Pendant longtemps, beaucoup ont grandi avec une idée assez simple du parcours professionnel. On va à l’école, on décroche le diplôme, on dépose les dossiers et on attend le fameux « on va vous appeler ». Aujourd’hui, de nombreux jeunes ont compris qu’il ne fallait pas forcément attendre qu’une seule porte s’ouvre. Si une opportunité tarde, on peut chercher ailleurs, apprendre une nouvelle compétence ou même créer sa propre activité. Ce changement de mentalité est loin d’être anodin : il traduit une jeunesse qui veut prendre davantage son destin en main.
Le jeune qui prépare un concours a une ambition. Celui qui se forme dans un métier technique en a une autre. Celui qui lance son petit commerce, son agence, son restaurant, son activité en ligne ou son exploitation agricole prend également son avenir en main. Il n’y a pas un seul chemin vers la réussite. Au Cameroun, de nombreux jeunes jonglent désormais entre plusieurs projets. Le matin, ils peuvent être au travail ; le soir, ils développent leur business. Certains suivent une formation le week-end, d’autres apprennent le graphisme, le marketing digital, la programmation ou la création de contenus. Ils testent, se trompent parfois, recommencent et avancent. Comme on dit chez nous : « petit à petit, l’oiseau fait son nid ».
« On va se débrouiller » : une force bien camerounaise
La débrouillardise est souvent associée à la capacité de se sortir d’une situation difficile. Mais elle peut aussi être une formidable capacité à transformer peu de choses en opportunités. Un jeune qui commence à vendre quelques produits sur WhatsApp, qui apprend à faire des visuels avec son téléphone ou qui transforme une compétence en prestation n’est peut-être pas encore à la tête d’une grande entreprise, mais il a déjà fait quelque chose d’essentiel, il a commencé. Il ne faut donc pas avoir honte de commencer petit. Le petit commerce d’aujourd’hui peut devenir l’entreprise de demain, et la compétence développée pendant les temps libres peut devenir un véritable métier. « chaque chose a son début ».
Se former aujourd’hui pour être prêt demain
De plus en plus de jeunes comprennent également que la formation ne s’arrête pas au diplôme. Le monde change rapidement, les métiers évoluent et de nouvelles compétences apparaissent. Alors certains retournent se former dans des domaines très concrets à savoir, informatique, langues, métiers techniques, agriculture, audiovisuel, cuisine, couture, mécanique, communication ou encore numérique. Cette volonté d’apprendre mérite d’être encouragée. Il n’y a pas de petite compétence lorsqu’elle permet de devenir meilleur et plus autonome. Celui qui apprend aujourd’hui prépare peut-être simplement le terrain pour l’opportunité qui arrivera demain.
Partir peut aussi vouloir dire apprendre
La mobilité internationale est également présente dans les projets de nombreux jeunes. Mais partir ne signifie pas toujours fuir. Certains cherchent une formation, une expérience professionnelle, de nouvelles compétences ou simplement l’occasion de découvrir d’autres façons de travailler. Une expérience à l’étranger peut permettre d’élargir son réseau, d’acquérir de nouvelles connaissances et, pourquoi pas, de revenir un jour avec des idées ou des compétences utiles au pays. L’essentiel n’est pas seulement de savoir où l’on va, mais ce que l’on veut construire avec cette expérience.
Ne plus mettre tous ses œufs dans le même panier
Un jeune peut aujourd’hui préparer un concours tout en ayant une activité commerciale. Il peut travailler et suivre une formation. Il peut être étudiant et développer une activité numérique. Il peut avoir un emploi et préparer progressivement son entreprise. En clair, on ne met plus forcément tous ses œufs dans le même panier. Cette polyvalence peut devenir une véritable force. Elle permet d’apprendre, de s’adapter, de rebondir et de saisir davantage d’opportunités. Parce qu’au final, comme on dit souvent : « qui ne tente rien n’a rien ».
Cette énergie ne doit pas être laissée seule. Une bonne idée a besoin d’accompagnement, une formation a besoin de débouchés et un entrepreneur débutant a besoin de conseils, de financement et de réseaux. Le jeune qui veut se lancer doit pouvoir trouver quelqu’un pour lui dire : « viens, on va voir comment on peut faire ». Les familles, entreprises, associations, institutions et structures d’accompagnement ont donc un rôle important à jouer. Encourager un jeune qui veut apprendre un métier, lancer une activité ou reprendre une formation, c’est parfois lui donner la confiance nécessaire pour aller plus loin.
Cette jeunesse-là, il faut l’encourager
Il ne faut donc pas regarder cette nouvelle génération uniquement à travers ce qui lui manque. Regardons aussi ce qu’elle essaie de construire. Des jeunes qui se forment, entreprennent, apprennent en ligne, créent, osent, voyagent, reviennent avec des compétences et refusent de rester les bras croisés.
Créer son propre chemin ne signifie pas réussir du premier coup. Cela signifie accepter d’apprendre, de recommencer, de tomber parfois, mais surtout de continuer à avancer. Et peut-être que le plus beau changement n’est pas que les jeunes Camerounais aient cessé de chercher un emploi, mais qu’ils comprennent de plus en plus qu’ils peuvent aussi devenir des créateurs d’opportunités. Cette mentalité, il faut la nourrir, l’accompagner et lui donner les moyens de grandir.
















