Le compte à rebours est lancé
Paul Biya est attendu ce jeudi 20 août 2026 à Yaoundé, après 73 jours d’absence hors du Cameroun. L’information n’émane pas du gouvernement, mais d’un journaliste : Polycarpe Essomba, correspondant de RFI, a écrit sur les réseaux sociaux s’appuyer sur des informations concordantes et puisées à bonne source pour annoncer ce retour dans les 48 heures, tout en concluant sa publication par une prudence de circonstance : « à moins que… »
Ce doute n’est pas gratuit. Le Cameroun connaît bien ce scénario. Un autre confrère averti, cité dans les mêmes colonnes, a tempéré l’enthousiasme ambiant en rappelant que ce type d’annonce a déjà circulé sans se concrétiser par le passé. À Yaoundé, l’expérience a appris à l’opinion à ne croire un retour présidentiel qu’une fois l’avion posé sur le tarmac de Nsimalen.
Si cette date se confirme, elle marquera la plus longue absence des quarante-trois années de pouvoir de Paul Biya.
Une absence qui a fini par devenir un sujet d’État
Parti le 7 juin 2026 pour ce qui avait été présenté comme un court séjour privé en Europe, Paul Biya, 93 ans, n’était toujours pas rentré deux mois et demi plus tard une situation inédite qui a nourri, dans les rues de la capitale, une question devenue lancinante : où est le président ?
Face à la persistance des rumeurs, le gouvernement a tenté de couper court aux spéculations. Le 2 août, le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi a affirmé au micro de RFI que le président Biya est en vie et n’a pas démissionné. Une clarification qui, faute d’apparition publique, d’image récente ou de discours, n’a pas suffi à éteindre le débat.
Certains observateurs sont allés plus loin dans l’analyse. Une tribune publiée sur allAfrica pointait le paradoxe d’un Premier ministre annonçant aux Lionnes Indomptables que le couple présidentiel les attendrait à Yaoundé, alors même que le chef de l’État n’était pas réapparu publiquement depuis des mois une situation qualifiée de représentation politique reposant sur la conviction plus que sur la preuve.
Les Lionnes, catalyseur inattendu d’un retour attendu
Dans ce climat d’incertitude, la razzia continentale des Lionnes Indomptables tombe à point nommé. Championnes d’Afrique pour la première fois de leur histoire, les joueuses ont regagné Yaoundé dès le lundi 17 août, accueillies à l’aéroport de Nsimalen avant de rejoindre l’hôtel Mont Fébé.
Leur sacre attend toujours sa consécration officielle. Le président a certes adressé ses premières félicitations aux joueuses via Facebook, les remerciant pour ce trophée obtenu au terme d’un parcours accompli, mais un message sur les réseaux sociaux ne remplace pas une réception au Palais de l’Unité. Pour une équipe qui vient d’inscrire une première historique dans le football camerounais, l’accueil présidentiel est plus qu’un rituel : c’est la reconnaissance ultime d’un exploit national.
Ce alignement des calendriers retour présidentiel et gloire sportive n’a évidemment rien d’anodin dans la lecture qu’en font les Camerounais.
Ce que ce retour dira, ou ne dira pas
Reste une question que la communication officielle n’a pas encore su désamorcer : ce jeudi mettra-t-il un terme aux spéculations, ou ne fera-t-il, comme en 2024, que refermer temporairement une parenthèse appelée à se rouvrir ? Le pays a déjà connu ce scénario un retour, un bain de foule à l’aéroport, puis les mêmes interrogations qui reprennent leur cours quelques mois plus tard.
Ce qui est certain, c’est que ce jeudi, tous les regards seront tournés vers Nsimalen















